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Notre fête de ce soir marque le couronnement d'une longue et difficile besogne.

La reconstruction de cette église est le fruit de la collaboration patiente de tous les corps de métier sous l'impulsion sagace des maîtres d'œuvre.

On l'a souligné aussi, au cours de ces derniers mois, votre paroisse a dû surmonter les menaces d'effritement qui la guettaient. Si elle a gardé sa cohésion, c'est grâce au dévouement acharné d'une équipe de laïcs et de votre pasteur.

Et, d'une certaine manière, tout notre diocèse a été, lui aussi, associé à cette reconstruction.
C'est pourquoi Mgr Matagrin, retenu hors de Grenoble par une profession religieuse dans une congrégation diocésaine partage de tout cœur notre joie et notre prière. La solidarité des chrétiens de l'Isère avec les paroissiens de Saint-Jean n'a pas été un vain mot. Mais une telle solidarité, nous la devons à la rigoureuse compétence de la commission des équipements et du comité directeur de notre Association Diocésaine. Et comment oublier l'attention de tous les instants que Mgr Tanchot a portée aux problèmes de tous ordres posés par cette reconstruction ?

En somme, tel que nous l'admirons ce soir, ce bel édifice est notre œuvre à tous. De cette œuvre commune, nous pouvons légitimement être fiers.

Mais une église de pierre n'est là que pour donner lieu à une Église de chair et de sang, à cette Église des hommes que nous sommes. Et ce qui alimente notre joie ce soir, c'est de célébrer le mystère du peuple de Dieu

Pour savoir ce qu'est l'Église, il suffit d'avoir prêté attention aux lectures que nous venons d'entendre ( l ) et de regarder notre assemblée. Peuple bigarré, notre Église est taillée dans la même étoffe que tous les hommes et toutes les femmes qui habitent ce quartier. Ce que les membres de cette Église ont en commun, c'est de reconnaître en Jésus de Nazareth le Crucifié, l'unique Seigneur. Mais cette communion dans la foi est elle-même tissée des mille liens qui unissent entre eux les paroissiens de Saint-Jean.

Il y a les liens de fraternité chaleureuse dans les petits groupes de partage: troupe scoute, équipes d'aumônerie ou d'Action Catholique, réunions de personnes âgées, communautés spontanées, que sais-je encore ?... Ces petits groupes procurent à leurs membres un soutien aux heures d'épreuve et d'incertitude. Ils permettent une confrontation assidue entre la vie quotidienne et l'Évangile.

Ce qui fait l'unité de l'Église, c'est aussi cette hospitalité sans frontière que nous pratiquons ce soir. Comme celle de Jésus, notre table est ouverte à quiconque veut bien répondre dans la Foi à l'invitation de l'Évangile.

Un tel souci d'hospitalité conduira la paroisse Saint-Jean à accueillir de temps en temps des manifestations musicales compatibles avec la nature essentiellement religieuse de cet édifice. Enfin, ce qui fait la robustesse de votre paroisse, c'est la conscience aiguë qu'ont nombre d'entre vous de leurs responsabilités de baptisés et de confirmés. " Tous responsables dans l'Église ", nous avons largement réfléchi ensemble sur ce thème en 1978. Ces derniers mois viennent de démontrer que les propos que nous avons alors échangés et les résolutions que nous avons prises, ne sont pas restés lettre morte.

Comme la vigueur de l'Église de pierre et de sa charpente, l'unité de l'Église de chair est bien notre œuvre. Mais cette œuvre est d'abord un don. Car ce que nous avons fait et ce que nous Notre liturgie de ce soir vient de nous le rappeler en effet: l'Église n'est elle-même que parce qu'elle est l'Église du baptême et de l'Eucharistie. Dans les eaux du baptême, nous sommes régénérés par l'Esprit de Dieu. Cet Esprit qui a ressuscité Jésus nous donne de lutter contre toutes les forces de mort qui disloquent les liens de solidarité et d'affection entre les hommes.

Dans l'Eucharistie, nous recevons la parole qui nous a été donnée une fois pour toutes sur la croix. Cette parole, nous la prenons pour nous en nourrir.

Et c'est ainsi que nous faisons corps avec le Christ et tous ensemble.

Créée et alimentée par l'énergie des sacrements, l'unité de l'Église anticipe et préfigure cette pleine réconciliation des hommes entre eux et avec Dieu promise pour l'avenir du Royaume.

Célébrer le mystère de l'Église, c'est donc se retremper dans l'Espérance.

Cette espérance nous la mettons en Dieu qui, par son Esprit, a ressuscité Jésus d'entre les morts. Et c'est pourquoi notre liturgie aux mille voix mêle la prière de demande à l'action de grâces.

Cette prière et cette action de grâces, l'un de nous va les récapituler en lisant un parchemin que d'autres signeront en notre nom. Notre louange pourra alors s'unir à celle de notre unique Seigneur, Jésus le Christ.

François BUSSÏNI.
Évêque auxiliaire de Grenoble

(1) Après le prologue du IV° Évangile, on a lu au cours de la célébration Ap1, 5 - 8 et Ep 4, 1-6

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